Progresser dans l’intimité physique
Nous vivons à une époque où la relation sexuelle a été à ce point banalisée que beaucoup la considèrent comme « normale » dès qu’un couple se forme et se dit son amour. Plus besoin d’engagement ni même de projet à long terme !
Pas mal de jeunes, pourtant, veulent vivre leur sexualité dans une relation stable et durable, et choisissent d’attendre le mariage avant de se donner physiquement. L’union physique est alors l’expression d’une alliance définitive de deux personnes, cœur, esprit, corps. (cf article sur le sens de la continence pendant les fiançailles)
La question qui se pose alors est la suivante : si le couple choisit la continence pendant les fiançailles, quelles limites va-t-il se donner dans les gestes physiques ?
1°) la communication physique est belle et bonne, nécessaire à la construction de l’amour du couple. Si les fiançailles sont essentielles à la mise en place du dialogue et de la réflexion quant au projet de vie du couple, elles sont aussi essentielles dans la découverte progressive du langage physique.
2°) Cette « découverte progressive » des corps est difficile à baliser : elle dépend de l’histoire personnelle de chacun, de son rapport au corps.
Ø Est-ce que j’accepte mon corps ? Si oui, c’est plus simple de le laisser aimer… Si non, je risque d’avoir peur de le laisser approcher par l’autre… J’aurai besoin de temps pour ne pas vivre cette approche sans malaise…
Ø Est-ce que j’accepte le corps de l’autre ?
Ø La sexualité, c’est quoi, pour moi ? L’expression de l’amour ? Une pulsion ? Un moyen de me faire plaisir ? Un moyen de te faire plaisir ? Une obligation ? Un truc sale ? Une merveille ? …
Ø
La manière dont chacun répond à ses questions est essentielle.
La pudeur existe, même si on semble l’avoir oublié. Et cette pudeur demande à être respectée et apprivoisée, progressivement, pour que le don du corps se fasse dans la joie.
L’apprivoisement des corps pendant la période des fiançailles se fera donc progressivement, dans le dialogue et le respect de chacun, dans la vérité de l’étape où se trouve le couple :
Vérité du sens : le geste exprime un amour authentique ; Vérité de l’amour : le corps et le cœur exprime un même amour, il y a correspondance entre les gestes, les sentiments et les paroles.
3°) Le corps est langage d’amour. Tout le corps peut participer à ce langage. Certaines zones sont plus sensibles que d’autres. A chaque couple de trouver le moyen de développer ce langage physique sans perdre le contrôle des limites qu’il s’est fixées. De la même façon qu’on pourrait recommander à un affamé de ne pas toucher à un délicieux gâteau au chocolat s’il doit encore un peu attendre avant de manger, on peut recommander aux fiancés de ne pas stimuler les zones du corps qui « éveillent » l’appétit ! De façon assez générale, on peut dire que les organes sexuels sont des zones particulièrement érogènes, et qu’une fois qu’ils sont stimulés, il devient très difficile de canaliser le désir sexuel. La prudence recommande donc de les éviter ! Mais ce serait illusoire de croire qu’il n’y a que ces zones-là qui réagissent et parfois échappent à la volonté. Les deux corps sont faits pour s’aimer et si nous choisissons de vivre la continence jusqu’au mariage, mais que nous décidons, en même temps, de passer le week-end en amoureux, dans une cabane glaciale au fond d’un bois, avec un seul lit et une seule couverture pour se réchauffer, il y a des chances qu’on ne tienne pas, indépendamment de toutes les limites prévues ! Soyons donc réalistes et clairvoyants. La continence est difficile, et c’est normal. L’attrait sexuel est parfois très puissant, et c’est normal. Le meilleur moyen de vivre paisiblement cette période est donc d’oser se parler et dire ce qui se passe en soi. Ce n’est pas facile, mais c’est bien utile pour construire une sexualité réellement épanouie !
4°) Une difficulté typique de notre époque est qu’ aujourd’hui, pas mal de jeunes ont vécu des expériences amoureuses précoces, encouragés entre autre par les campagnes de prévention contre les grossesses indésirées et de lutte contre le SIDA, campagnes qui laissent croire que les relations sexuelles sont « obligatoires » dès l’adolescence.
Ces premières expériences amoureuses et sexuelles débouchent rarement sur la formation d’un couple stable, mais au contraire se terminent le plus souvent par des séparations parfois très douloureuses.
Quand un jeune a vécu ce genre d’expérience, et puis, suite à une conversion ou une réflexion personnelle décide de changer de mode de vie, il ne sait plus trop comment se situer par rapport à la sexualité. Le risque est de tomber dans l’autre extrême : ne voir dans l’amour que la rencontre de 2 cœurs et de 2 esprits, en évitant de trop penser au corps qui l’a peut-être fait vivre des relations peu épanouissantes.
La continence avant le mariage n’a de sens que si elle est au service de l’amour, du dialogue et du respect de l’autre. Le moyen le plus sûr de la vivre de façon épanouissante est d’en parler en couple, en vérité et dans l’amour.
Bonne route !